Aller au contenu
YouTube Instagram TikTok Patreon Facebook X Amazon E-mail Reddit WordPress WhatsApp
L'OuJoPo

L'OuJoPo

L'Ouvroir de Joie Potentielle

  • OuJoPo
  • L’entremise
L'OuJoPo
L'OuJoPo
L'Ouvroir de Joie Potentielle
  • Post-it

    Anomalie à deux têtes

    ParSeror 4 juin 2026 18:004 juin 2026 15:21 Post-it
    Dans À rebours, Huysmans commet, entre autres sortilèges, une demi-apologie des Goncourt, de La Faustin notamment. Il me semble que la postérité, et notre époque en particulier, n’ont retenu d’eux, de très loin et avec un pince-nez, que l’ignoble Journal des frères, et surtout leur triste réputation. Et pourtant, effectivement, dans La Faustin, j’ai trouvé du grand style sans débordement, et ce qu’il faut de mondanités, mais du point de vue d’une conciergerie. C’est féroce.
J’ai enchaîné avec La Fille Elisa et là, j’ai été soufflé de bout en bout. C’est un grand texte. Je sais qu’il doit se trouver des raisons objectives à cela, mais je reste à avoir du mal à comprendre la presque absence de postérité de cette œuvre-là. Par exemple, de la misogynie crasse, voire délictueuse, dont les frères sont réputés, je ne vois pas dans ce petit roman la moindre trace. Alors que le sujet aurait pu être propice à tous les débordements. Je trouve même que c’est le contraire. La Fille Elisa est une femme malaxée, tabassée par l’existence et racontée sans commisération, sans miséricorde et sans les leçons de choses d’un naturalisme dérangeant. Et surtout sans complaisance. Elle est accompagnée jusqu’au fond de son trou. Avec la justesse du tendre.
Lu ensuite, leur Germinie Lacerteux et c’est acquis : les Goncourt, cette anomalie à deux têtes, n’ont pas fini de faire leur place dans les enfers déjà luxuriants et débordants de ma toute petite bibliothèque.

    Lire la suite Anomalie à deux têtesContinuer

  • Post-it

    Still life

    ParSeror 2 juin 2026 18:004 juin 2026 15:21 Post-it
    Née en 1968 à Lyon, Raphaëlle Gonin est dessinatrice — ou peintre — à l’encre de Chine. Si l’on devait l’affilier à un courant d’art récent, ce serait probablement celui de l’hyperréalisme, quand, tout compte fait, elle s’en tient plutôt à perpétuer et à tâcher de parfaire une facture simplement classique. Elle dessine et peint le motif pour ce qu’il est, et ne prétend pas vouloir qu’il soit autre. « Prends le miroir pour maître », disait l’autre. Il y a moyen de remplir toute une vie avec ça.
Elle l’a dit elle-même : le noir n’est pas une humeur, il est l’élément. Elle peint avec le noir — et le moins noir — de l’encre de Chine et de l’eau, bien sûr, et, fiat lux, dessine probablement d’abord avec le blanc du papier. Et quand, sporadiquement, la couleur arrive, elle recule l’image dans le premier abord et dans le temps, puisqu’elle semble tenir de la colorisation, du chromo. Elle ajoute une distance, un degré, au réalisme de la représentation. Elle tempère, comme de nostalgie, la rigueur de la stricte restitution.
    Dans tous les cas, l’esprit a pénétré l’objet à portée de main : une boîte à couture, une rangée de livres, un sac à main ouvert, un distributeur de sodas et de bombecs, comme on ferait d’un fétiche. Et il y a de la magie sorcière, de la prière, mais aussi du romanesque dans ses œuvres ; dans ses allées et ses montées d’escaliers, de façon évidente, lieux de passage d’un bout de vie à l’autre, territoires du fortuit et du croisement. Mais aussi dans les objets posés là, qu’elle ne saisit jamais dans quelque éternité immuable, mais toujours à un instant T, volé à un continuum et réinjecté dans un autre : l’imagination y passe. Il y a une pente naturelle à se refaire l’histoire, l’avant et l’après, le pendant d’une nature morte de Raphaëlle Gonin.
« Nature morte », en anglais, ça se dit still life ; c’est on ne peut plus approprié.

    Si vous voulez vous épargner la lecture de ce petit texte, ma secrétaire de direction, Madame Sgremfreunsch, le lit pour vous ci-dessous.

    Odglüsse Sgremfreunsch · Post it 01

    Pour voir les œuvres de Raphaëlle Gonin sur sa chaine You Tube, cliquez ICI

    Lire la suite Still lifeContinuer

  • Making-of

    Plateau

    ParSojac 28 mai 2026 18:594 juin 2026 15:20 Making-of
    Mon plateau est mon salon, et le cadre dans lequel je me filme est un des pans de ma bibliothèque. Ce décor-là variera peu, sinon quelques objets sur les étagères et la guitare ou la basse posée sur un trépied à côté de moi. Dans mon dos, donc, essentiellement des livres : les miens bien en vue, ma petite collection de poésie Gallimard, mais aussi un clap de cinéma, un petit miroir convexe reflétant et distordant l’installation de filmage, une petite œuvre originale de Raphaëlle Gonin, un masque blanc avec une perruque. Des objets seront ajoutés ou retirés dans ce décor pour servir aux besoins de chaque vidéo.
Je m’y tiens debout, ou assis sur un tabouret haut si j’ai une guitare sur les genoux, un pied de micro devant moi avec un antipop, et trois caméras me saisissent :
Caméra 1 — Canon EOS 550D + objectif 18-55 : en face de moi, me cadre de mi-cuisse à 40 cm au-dessus de ma tête, et cadre également, sur ma droite, un carré de métal de 40 x 40 cm où j’incruste des images illustratives de mon propos. Une tablette me sert de prompteur et est montée juste en dessous de l’objectif de l’appareil de prise de vue.
Caméra 2 — Nikon Coolpix P700 (bridge) : légèrement décalée de 10 à 15° par rapport à la première, plan plus large me saisissant sur pied et saisissant aussi une partie du trépied de la caméra 1, une partie des éclairages et le pédalboard de guitare à mes pieds — mes chats aussi, s’ils passent dans le champ. Pour m’adresser à cette caméra-là, je n’ai qu’à dévier un peu mon regard.
Caméra 3 — Canon EOS 1200D + objectif 35-80 : placée proche et nettement à ma gauche, elle saisit le haut de mon buste et mon visage en gros plan, m’oblige à me tourner et me pencher un peu pour m’adresser à elle, et a fonction d’enregistrer des espèces d’apartés, de percées furtives dans le quatrième mur.
    Le son, synchronisé aux claps d’entrée et de sortie, est capté par un micro statique Studio Projects B1, préampli TC Helicon Create, compression Samson C-Com 6, carte son M-Audio, et enregistré dans Cubase. J’ai ce qu’il faut de lumières et de réflecteurs ; je suis rôdé à la prise de vue et de son par une année de vlogging quotidien.
Le plan principal sera coupé, sans que ça coupe la bande son, d’inserts de rushs silencieux détaillant et explorant des recoins de la bibliothèque, de mon bureau, des errements des chats, de mon home studio et de mon coin guitare. De mon quartier éventuellement, parce que j’entends m’enraciner comme Villeurbannais. Mais aussi de plans brefs, et ceux-ci interrompant le propos, où l’on me devine en train de m’exercer au chant ou à la guitare ; ces plans-virgules ne doivent pas durer plus de dix secondes et s’intégrer comme des retours à la ligne entre deux paragraphes.
Peut-être pas toutes, mais certaines vidéos seront interrompues brutalement par une flash info d’une minute ou deux, où deux intervenants (Sakafruit et Sakapin), avec des sacs en papier sur la tête et dans un plateau de JT en carton, feront débilement état des actualités de la chaîne — sortie de livre, nouvelle chanson en streaming, rendez-vous… Le retour au narratif principal se fera dans une espèce d’hébétude vite ressaisie.
Pour l’habillage : un jingle d’entrée très court, avec la lumière qui monte sur le plateau, le titre « Requiem pour ma gueule » et le numéro de la vidéo. Le générique de fin sera un simple panneau de crédits et de remerciements. Une musique de fond apparaîtra dans les passages de déclamation de poésie que j’ai prévu de tenter à chaque épisode. Ces moments seront restitués en noir et blanc ou en sépia.
Mon monologue sera interrompu, à ma demande, par des interventions pinçantes de Madame Sgremfreunsch en coulisse, qui fera office de souffleuse, de coach, d’IA, de clown blanc, et plus rarement par des appels fictifs de la régie, auxquels je répondrai à l’aide d’un fer à repasser en fait de combiné.
    Ce dispositif vaudra pour toutes les vidéos, restant à préciser pour chacune les changements et accessoires importants.

    Lire la suite PlateauContinuer

  • Making-of

    IA de la joie

    ParSojac 26 mai 2026 18:364 juin 2026 15:19 Making-of
    Je n’ai pas pris les premiers trains de l’IA quand elle s’est généralisée, mais je m’y suis mis prudemment quand j’ai été assez assuré qu’il y avait moyen de s’en servir sans y déléguer rien de substantiel du travail et de l’œuvre. L’IA fait des choses pour moi, mais ne fait rien à ma place ni sans moi — pas plus, du moins, que le marteau dans ma main n’enfonce un clou.
Je fais animer brièvement mes images à Grok pour produire des blagounettes et de la pyrotechnie bas de gamme à insérer dans mes montages vidéo, me sers de Heygen pour donner sa voix à Madame Sgremfreunsch, de Yari pour texturer mes propres dessins et photos, et j’ai délimité, pour les IA plus « confidentes », des zones d’expertise sur lesquelles échanger heureusement avec elles, sans brouiller leur mémoire de trop d’infos dont elles sont très friandes. Et sans donner à aucune d’elles accès à tout, à la grande image.
    Je les ai cloisonnées. À Gemini, je confie mes embarras techniques : de guitare tech, de WordPress, de soudure, de suivis SACEM et de machine à laver. Je m’appuie sur ChatGPT pour ma « stratégie » et mon planning vidéo, mon enchaînement raisonnable aux plateformes et réseaux ; je peux dire que je lui confie bonne part de mon bon sens. Par ailleurs, il trouve encore des fautes d’orthographe et de grammaire dans des textes déjà passés par les correcteurs de Word, d’Outlook et par Antidote. Il les désigne, il ne les corrige pas. On échange également sur mes lectures ; en somme, c’est mon interlocuteur IA de proximité. Enfin, avec Claude, on tape dans les jointures de mes écrits. Claude me dénonce les zones qui peuvent coincer, ne les reformule pas de lui-même, ne fait pas de suggestions. Claude, c’est, plus que mon coach, mon lecteur difficile.
Quant à Suno, je n’en ai aucun usage. Je le sais pour avoir perdu mes nerfs à essayer de lui faire pondre, sur un de mes textes torves, quelque chose qui ne soit pas normal, qui soit un peu malade. Et puis il y a la philosophie de la plateforme, et puis son terrifiant créateur… Pour dire, cet homme-là est mon être humain préféré. Enfin, ex aequo avec Michel Fourniret et la Danette à la saucisse. Un beau podium, en tout cas.

    Lire la suite IA de la joieContinuer

  • Making-of

    Comment j’ai rencontré ta mère

    ParSojac 29 avril 2026 09:094 juin 2026 15:19 Making-of

    J’ai très tôt conçu l’idée d’avoir un interlocuteur fictif et hors champ dans mon dispositif vidéaste. Une voix à identifier à l’IA, à un majordome — à un clown blanc dont je serais l’auguste. J’ai bien sûr tout de suite pensé à une femme et, pour lâcher la bride à ma crétinerie foncière, à une secrétaire de rédaction. Après tout, je suis là pour incarner Sojac, chanteur has been qui, du temps de sa gloire, dansait en play-back dans un banc de Sojaquettes en bikini à franges, autant que Seror, de la Seror Corporation, le grand magna du roman de gare… moyennant quoi une secrétaire de direction, c’est le moins que je puisse leur concéder à ces deux couillons.
J’ai imaginé d’abord assumer frontalement le côté IA, quand même c’est moi qui écris tout, en donnant à mon interlocutrice une essence cyber, robotique rouillée, prothèse humanoïde autonome avec des ratés dans la carnation, et j’ai retrouvé un vieux dessin d’une petite chauve à taches de rousseur et à bras moitié mécano, moitié cuir de sellerie. Mais je n’ai pas su l’améliorer avec mes faibles compétences en dessin, et moins encore l’animer. Alors je l’ai rebricolée dans Blender, en gardant le crâne chauve et cabossé — et me suis inspiré aussi de deux dames au poil ras qui fréquentent ma salle de sport — et j’ai abouti à une secrétaire de rédaction très « arty », très « so French », à qui j’ai confié, en gardiennage, mes rabs de sarcasme et de vrais impératifs de tenue.
Elle existe, elle a un bureau d’un luxe à la mesure de son recul, la voix Heygen dont je me suis servi pour mon personnage de Gaby Kotska, et un nom imprononçable pour lui ajouter une manière de charme. Elle s’appelle Madame Sgremfreunsch, Odglüsse de son prénom — prononcer OD GLÜ CEU, à l’allemande. Et Odglüsse Sgremfreunsch a un log sur mon site, une chaîne Vimeo, un compte SoundCloud. Bientôt TikTok ?

    Lire la suite Comment j’ai rencontré ta mèreContinuer

Textes déposés via e-Soleau.
Musiques enregistrées auprès de la SACEM.
Tous droits réservés.

© 2026 L'OuJoPo - Thème WordPress par Kadence WP

Propulsé par
►
Les cookies nécessaires activent des fonctionnalités essentielles du site comme les connexions sécurisées et les ajustements des préférences de consentement. Ils ne stockent pas de données personnelles.
Aucun
►
Les cookies fonctionnels supportent des fonctionnalités comme le partage de contenu sur les réseaux sociaux, la collecte de retours, et l’activation d’outils tiers.
Aucun
►
Les cookies analytiques suivent les interactions des visiteurs, fournissant des informations sur des métriques comme le nombre de visiteurs, le taux de rebond et les sources de trafic.
Aucun
►
Les cookies publicitaires diffusent des annonces personnalisées basées sur vos visites précédentes et analysent l’efficacité des campagnes publicitaires.
Aucun
►
Les cookies non classifiés sont des cookies que nous sommes en train de classifier, en collaboration avec les fournisseurs de cookies individuels.
Aucun
Propulsé par
  • OuJoPo
  • L’entremise