«Auguration»

Premier vernissage dense et joyeux, il y a eu foule et je regrette d’être un peu passé à coté de pas mal d’entre vous pour cause de tâtonnements organisationnels – Et puis je crois aussi que j’ai senti l’écurie un bon peu prématurément. Mes remerciements les plus vifs à ceux qui se sont déplacés, à ceux qui se sont improvisés «petites mains» ou grands chambellans de secours quand j’ai été débordé (c’est à dire les trois derniers jours, intégralement), et MERCI à Laurent Gorris d’avoir été cet ouvreur là, cette joie profuse. Quelqu’un (je ne sais plus qui, mais vraiment plus du tout. Je vieillis) disait de Michel de Certeau quelque chose comme «là où il passait il jetait de la lumière, et la lumière restait une fois qu’il était passé», et j’ai moins de scrupules que de satisfaction en la circonstance en reprenant bêtement cette citation approximative à mon compte.

L’exposition est installée jusqu’au 9 Juillet, c’est trop peu de jours à vivre avec «le chêne», «les ancêtres», «la nymphe» et les deux «marcheurs»… Nous décrocherons le 9 en fin d’après-midi et le dimanche 10 au matin (brunch pour l’occasion pour ceux qui voudront venir) et j’espère que ce sera également une manière de fête.

C’est parti.

Laurent Seror

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Peau neuve

Skull - François Réau 2010

Skull - François Réau 2010

Nouveau site pour François Réau ; du noir au blanc, probablement pas pour plus de visibilité de sa ligne mais pour rappeler à l’air ses obligations comburantes. Il faudra des murs blancs donc. 

Admiration saine et joufflue pour cet homme là, qui essaye, et s’essaye à, plein de choses parce qu’il est là pour peindre plutôt que pour confirmer sa légende - au risque de se faire un petit dans le dos. En vingt ans (oui je suis vieux), j’en ai vu, mais beaucoup, se ratatiner sur leurs petites manières comme des “fougères non-viables“, juste parce qu’il y a aussi un marketing dans le marché de l’art, qui ne dit pas son nom, et qui se résume à ce chapeau : “cultive ta différence”. Lui, il essaye et se commet, et la différence fiatluxe (du verbe fiatluxer, intransitif, premier groupe) sans ordonnance.

Je vais faire un beau métier.

Laurent Seror

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Les mains savent

Passage, trop vite, dans les murs de Gérald Bortoluzzi, après on est sorti survoler des verres en terrasse et laisser libre cours au libre cours à ma portée – j’étais fatigué. J’ai quand même eu le temps de voir que ce que je voulais voir ou revoir était caché et que ce que ne pensais pas voir me disposait moi à me chercher une cachette fissa. Je retiens l’abondance comme impression immédiate, et l’idée que les mains de cet homme là ont quelque chose de patrimonial ; ce qu’elles savent est culture.

Du coup mon rôle sera juste de laisser passer, ça devrait aller, j’ai quelques semaines devant moi pour apprendre à nourrir des canaris, et à ordonner les routines de bons soins qu’ils exigent.

Laurent Seror

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Herbiers

Découverte de l’atelier d’Isabelle Radtke, la forte impression supposée est consacrée dès mon entrée dans la cour intérieure où trois vaches sont là, intérieures elles aussi. Ensuite, un escalier, une impression anticipée du froid et après c’est comme rapetisser assez pour rentrer dans les reliefs d’une palette ; cet atelier est un herbier de peintures, un herbier d’épluchures sensibles, un herbier d’herbiers, un laboratoire sublunaire et sans chiffre, celui d’une re-généalogiste, d’une noueuse de coulures, de neigeuse sur ses pas. Du coup pour son expo dans ma maison, je me vois assigné l’état de couillon épaté (j’adore ça) et ne conçois rien de plus conséquent que de prévoir de lui filer les clés et de rester tout petit dans un coin.

Ravi de la crèche, donc, l’aspirant-galeriste.

Sinon, oyez oyez, Isabelle Radtke expose MY TRIBE IV à l’Office Fédéral de l’Environnement de Berne (Suisse) du 19 octobre au 26 novembre, et, plus proche, propose un petit apéro à son atelier le samedi 16 octobre (C’est à 40 minutes de Lyon).

Télécharger le carton d’invitation en pdf (310ko) :

Télécharger le dossier de presse en pdf (59ko) :

Laurent Seror

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Premiers pas

Visite de l’atelier de Laurent Gorris, je devais apporter du blanc mais je suis déjà arrivé trop à la bourre et il n’en a finalement pas fallu pour la bulle de la conversation. L’atelier est beau, paisible, la grande presse en place sous l’étendage vide où je m’attendais à regarder sécher des gravures comme des géologies ultra-rapides, sur une table les planches du livre en cours et des piles de boites en feuilles de bois qui recevront le livre suivant dont la névralgie est déjà ordonnée par le concept de «camembert».

J’ai vu plein de choses, une dévoration toute crue de l’imaginaire, la quasi-totalité posée par terre de l’expo que nous essayons de programmer pour janvier/février. Reste quelques gravités et quelques grâces à peindre ensemble pour lui, quelques cadres pour moi et le lieu adéquat à trouver. Mais est déjà acquise la fierté que j’ai que ce boulot là, ce peintre là, ce gars là, inaugure mon Oujopo. Le ton est donné, je vais faire un beau métier.  

Laurent Seror

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