Fiat lux

 

Autour du “Jongleur de Bourges”, sculpture en os de seiche de MOSSIEUR Gérald Bortoluzzi, une petite vitrine ouvrable pour protéger l’oeuvre et être en situation de s’interdire vainement de la toucher. J’ai déjà eu à encadrer des os de seiche de l’artiste, sous vitrine déjà, mais aux mesures d’un petit bas-relief, donc plate et sur fond en carton et contre-collé. Pour celle-ci, il m’a recommandé de laisser passer la lumière de l’arrière de manière à donner à voir autant la fragilité que l’aspect diaphane du matériaux. N’ayant pas su résoudre la question de l’opacité des murs j’ai opté pour un encadrement à poser plutôt qu’à accrocher. Et pour le reste j’ai obéi à la gamme chromatique usuelle de l’artiste, à savoir des bleu sombres, des algues ou du pétrole, et l’impression de la nuit comme une eau profonde.

Vitrine 18×18 et 24cm de haut, double soclage en carton et bois, gainage en kraft teinté.

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Un cadre bavard

 

Sur une œuvre de Jean-Marc Brugeille qui aurait mérité un meilleur traitement, cadre trop bavard parce que très démonstratif de mes savoir-faire. Au final, cela donne un contre-sens : une espèce d’hystérie artisanale qui tire une œuvre directe et brute du coté du précieux – au risque du kitch. L’insistance de la dominante violette met le cadre au même plan que l’œuvre et la tire vers l’objet – lequel, je le précise, me sert à l’atelier d’échantillon de compétences.

L’œuvre de Jean-Marc Brugeille aura un meilleur sort quand ça me prendra de la rapporter chez moi et de la regarder tous les jours ceinte du silence et de la modestie qui lui siéent.

Assemblage à la colle et à la pointe, patine à la colle, à la cire et à la terre, dorure à la feuille d’argent. Marge sur vergé crème, réalisation et pose de filet, tire-ligne et lavis, biseau gainé, patine à la terre, verre.

cadre classique/moderne from Galerie L’Oujopo on Vimeo.

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Encadrement

 

 

 

 

Avec 16 mois de retard, j’inaugure enfin cette rubrique sur l’encadrement, qui est le fond de mon activité. Le fond, d’abord parce que les artistes avec lesquels je travaille sollicitent ce savoir-faire là, en masse parce que je le mets massivement en oeuvre pour eux ; et en épaisseur parce qu’ils le poussent techniquement souvent dans ses retranchements. Le fond, aussi parce que c’est mon métier à la base – je l’ai appris il y a plus de vingt ans, et si je ne suis pas mauvais dans ce métier là c’est essentiellement grâce à l’excellence de mon apprentissage.

Avec la meilleure volonté du monde, je n’arriverai jamais à la cheville de mon maître d’apprentissage de l’époque. Mais au moins il m’a appris les bases, dont ce que je sais de l’histoire de l’art, des techniques séculaires, dont n’ayant quasi jamais l’usage, je suis en train de me faire des regrets. Et surtout le sens de l’écoute et des chemins de traverse : “la démerde”.

En gros, cette rubrique là, pour quelques réalisations, quelques réflexions, et probablement le partage de mes admirations “artisanales”… J’essayerai d’être régulier.

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