Archives pour la catégorie Tuteurs

En écrivant, mes romans de gare en dessinant, en encrant.

Ecologie du dessinateur de super-héros

Dans mon environnement immédiat pendant que je m’escrime à faire des petits Mickey, discrète et humble, il y a une véritable super-héroïne à l’œuvre. Une tueuse.

C’est incroyablement salutaire.

Ca évite de se faire des moiteurs plus haut que son cul et et ça ordonne de se trouver bien inspiré de miser plus sur le travail que sur quelque grâce créative.

Rien que pour ça, merci Raphaëlle.

Versions alternatives

Recalé/recoupé On ne peut pas voir Céline en arrière-plan

Recalé/recoupé
On ne peut pas voir Céline en arrière-plan

Entre les ratés, les culs de sac, les fausses bonnes idées, les avancées trop complexes, les simples reculades, j’ai déjà du matériel pour deux versions alternatives de mon « illustré » en cours. Mais au final je donnerais ma soeur pour pour que ma version finale soit un millième aussi bonne que cette version recalée de Cheepnis…

1 jour férié / 30 jours ouvrés

Gerard van Honthorst

Gerard van Honthorst

 

Pour terminer dans la tonalité adéquate une journée passée pas mal au lit, pas mal au musée, d’une splendeur à l’autre, tout du long à rire et à se cailler un peu les meules, dédiée au désespéré mensonge que la peinture, le dessin, la vie, la musique, mieux c’est plus ça a l’air facile.

Juste un peu de souplesse.

Robert Wyatt : Rock Bottom

Rock Bottom

Rock Bottom

 

La petite histoire de la musique qui fait bing, probablement traversière et sensible comme tout à l’humain comme fait, diffère ses épanchements (contient des trombes !) dans l’évocation de l’accident : quelques mois plus tôt, Robert Wyatt très sévèrement murgé tombe d’un troisième étage ; il se découvre paraplégique et conçoit puis enregistre Rock Bottom.

Six plages longues comme on pouvait les vautrer dans ces années, la technologie engagée est à l’avenant, synthé à papa, inversions de bandes et casting de rêve, (Mason aux manettes, Frith, Sinclair, l’absence d’indication sur la pochette 33t est reproduite sur la réédition CD), millésiment aussi un grand cru. C’est un monument. Mais dans les faits, chaque son émerge comme il serait tributaire des poumons et peut-être de la mémoire faillible d’un souffleur. Le mix est à l’avenant, accumulatif et dérangé ; méditatif mon cul : va savoir toi, combien de trompettes et de voix le taulier a superposées pour que l’intro de Little red riding hood hit the road lancine à ce point que le thème en surgisse sans donner l’impression de s’en délivrer.

A sa suite la première partie du diptyque Alifib/Alifie tout en douceur, avec la guitare minérale d’Oldfield qui dodeline jusqu’à la nausée, et sa pulsation lente entre soupir et chuchotement, n’est même pas un sursis. Parce que c’est rongé comme un frein. Parce qu’ensuite le frein lâche. Parce que Wyatt chante. Et cette voix c’est de la viande, de la viande qui s’adresse à la peau, la frôle jusqu’à l’exaspération, pendant que, par dessous, des mélodies de prime abord simplement digressives se répandent par capillarité, étalent leur espèce de torsion aux bas organes. Une faim ; Et rien n’assouvit jamais rien, pas un instant ; ce disque est une main qui s’approche du ventre d’un chat. Violent.

Ecoutez ce que vous pouvez, Dondestan (1991) est une pure merveille, Old Rottenhat (1985) ou Ruth Is Stranger Than Richard (1975), vous pouvez remonter ensuite via Matching mole vers les albums de soft machine.