Lundi 2 janvier 1995

Sojac
« de chez mémé »

 

Hier j’ai déjeuné en bugne à bugne avec ma grand-mère. Elle est belle comme une mûre de ronces, toute grignette, capricieuse, sans mémoire immédiate, d’une mauvaise foi à jeter quelqu’un contre un mur ; d’une grossièreté hors d’âge et coquinesque. Négligente de son négligé maintenant, elle vaque la robe ouverte, les bas tombés, maculée de taches et maculante parce qu’insouciante du fret, elle s’assoit sur des serviettes éponges, cherche toujours quelque chose en trouve toujours une autre, se gratte avec un couteau, bascule en avant pour rire et s’étouffer et se tenir les côtes.

On a mangé les trucs « du pays » que j’aime, extatiques tous les deux, elle m’a raconté la blague du somnifère ultra puissant en suppositoire et du doigt dans le cul au réveil, mais dans un désordre désopilant, elle m’a parlé de son frère et c’est donc « son frère » hier qui a été le concept pour agglomérer tous ses hommes morts, ses frères, tous, son mari, son père, le mien, elle a pleuré un peu il n’y a pas de raison.

Ensuite j’ai jeté la moitié du contenu de son frigo, la viande verte, le comté minéral, re-simplifié sur un papier la chaîne du froid, elle s’en fout. On a regardé ses comptes un moment mais elle en a eu vite marre, elle m’a dit « va chier ». Alors j’ai proposé un catch ou une partie de Jokari, mais elle a préféré un scrabble. Elle m’a mis une branlée de chez. J’ai une excuse, j’avais trop mangé et puis c’était un scrabble « à la mémé », ses règles à elle, ultimate : Tous les koux sont permis.

Rock’n’roll.

 

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