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L'OuJoPo

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L'Ouvroir de Joie Potentielle

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  • Making-of

    Semainier

    ParSojac 8 octobre 2026 18:008 octobre 2026 17:48 Making-of
    Semainier


Le top 10 dépareillé à la Prévert de dimanche dernier, cette succession d'instantanés bouclés sur eux-mêmes sans liens entre eux qu'absurdes, et de toute façon dispensés de liaison, m'a fait penser au temps où je publiais au quotidien une vidéo, et où chaque jour de la semaine était dédié à une thématique. Mon fameux rubriquage d'antan. 

Sans évidemment me donner la moindre envie de m'y remettre – je me souviens de la charge de travail que c'était, ça m'a donné celle de réitérer la juxtaposition de textes de courts, format post-it, séparés comme par les intercalaires des jours de la semaine. De tenter un semainier, un rétrocahier de textes filmé.
Et donc, Requiem pour ma gueule, feuille 12, semaine 12, Semaine chargée. Je vais littéralement dérouler ça comme contenu.
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  • Post-it

    Marc Endeweld : le grand manipulateur

    ParSojac 6 octobre 2026 18:006 octobre 2026 16:13 Post-it
    Marc Endeweld : le grand manipulateur

Dans l’humeur du « Crépuscule » de Juan Branco, mais sans le diabète stylistique, le livre de Marc Endeweld est sans fioriture, documenté et sourcé. Très clair. Pour autant, ce n’est pas un texte agréable à lire. Au bout de deux chapitres, on s’avise qu’il ne serait pas inutile de prendre en notes les noms qui apparaissent pour les situer dans la suite de la lecture – sauf qu’on n’est pas dans « l’idiot » de Dostoïevski ; dans les chapitres suivants et jusqu’à la toute fin, d’autres noms apparaissent, et d’autres encore, en quantité, et la suite de la lecture est dédiée à leur seule accumulation. Parce que c’est le sujet de l’enquête, sous-titrée « Les réseaux secrets de Macron ». On passe de la campagne, à l’affaire Benalla, un détour par ADP, et nous est montré à l’œuvre de l’ingénierie parasitaire des intrigants, des agents agitateurs, des ambitieux, des perdants revanchards, cette petite foule sans foi ni loi qui est ventousée à la république comme une tique à un nombril. Et parmi laquelle Macron, qui n’a que ce savoir-faire-là, a su jouer des coudes, en promettant tout sans jamais rien tenir, en serrant toutes les mains, en marchant sur des corps, hyperdemandeur  d’attention et d’estime, et plus ingrat encore.

Ce n’est pas que le constat d’une infraction, c’est un diagnostic : le cancer est généralisé. C’est cuit.
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  • Requiem pour ma gueule

    Taupe

    ParSojac 4 octobre 2026 11:52 Requiem pour ma gueule

    Dans cette feuille 11 du projet « Requiem pour ma gueule », il est vaguement question de Jacques Prévert; et sinon on ne sait pas trop de quoi d’autre.

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  • Making-of

    Trois jours à tuer

    ParSojac 1 octobre 2026 18:001 octobre 2026 16:39 Making-of
    Trois jours à tuer

Je pousse trop loin le j'm'enfoutisme face à ma ringardise sur bien des points, mais le plus handicapant est l'absolue rigidité que j'adopte par pétoche pure dans le domaine de mon approche de la technologie sondière et musicale. Ce qu'on appelle la MAO (Musique Assistée par Ordinateur). Quand je m'y suis mis, à la fin des années 90, j'étais déjà à la ramasse de quelques métros, et toutes mes tentatives pour combler partie de mon retard ont depuis été des échecs. Je n'ai consenti en tout et pour tout qu'à deux révolutions industrielles : l'écriture pas à pas à la souri de la musique en midi et l'enregistrement en audio d'une seule piste à la fois. 

Et je ne caricature pas, je maintiens en vie un ordinateur antique qui fait tourner Windows XP 32 bits, et mobilise trois tiroirs pour des pièces détachées au cas où (barrettes de Ram de 500Ko, cartes PCI Sound Blaster Live, Disques durs IDE) seulement parce que je suis resté bloqué sur les interfaces de deux logiciels archaïques de séquence midi. Big Boss 6 de chez Musicalis qui ne nécessite pas d'installation, propose une édition rudimentaire, mais très lisible (il y a 8 niveaux de volume pour chaque note déposée, du rose très pâle ou rouge vif) et une piste audio, mais ne permet pas de changer l'armature rythmique d'une mesure à l'autre dans l'arrangement, et ne sauvegarde pas le tempo qui est ramené à 120 au chargement du fichier. Et Recording Session de chez MaxiSound (codé pour Windows 3-1 s'il vous plait) séquenceur dont l'interface est une partition d'orchestre qu'on remplit en notation musicale classique, mais qui permet de passer d'une mesure en 5/4 à une mesure en 11/8 si on est joueur et qui enregistre le tempo. Je pose les bases de mes arrangements en jonglant entre ces deux logiciels-ci et en pilotant les quelques sons préhistoriques en SF2 que je peux charger dans la mémoire de ma carte Sound Blaster Live. 

Et quand la base est acquise je peux importer le fichier dans une station de travail d'aujourd'hui, dans un STAN (pour station de travail audionumérique, logiciel dédié à enregistrer, éditer, mixer et produire de la musique et du son) à la page, Cubase en l'occurrence et retrouver des pyrotechnies sonores, des possibilités infinies d'éditions, d'enregistrement, de traitements et de mixage. 

Dès lors est-ce que je me complique l'existence à conserver comme une bulle temporelle mes process des années 90 et les machines qui vont avec ? Pas du tout. Mais alors pas du tout du tout. Sauf si vraiment on soutient que toutes les opérations effectuées sur ma vieille machine, peuvent l'être plus efficacement, avec un meilleur son, une idée du rendu final à chaque note posée, et avec infiniment plus de souplesse directement dans la machine de destination. Sauf quand on sait que ce serait juste un coup à prendre.
Trois jours d'adaptation à prévoir.
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  • Post-it

    Robert Wyatt : Rock Bottom

    ParSojac 29 septembre 2026 18:0029 septembre 2026 16:07 Post-it
    Robert Wyatt : Rock Bottom
La petite histoire de la musique qui fait bing diffère ses épanchements (contient des trombes) dans l’évocation de l’accident : quelques mois plus tôt, Robert Wyatt très sévèrement murgé tombe d’un troisième étage ; il se découvre paraplégique et conçoit puis enregistre Rock Bottom.
Six plages longues comme on pouvait les vautrer dans ces années, la technologie engagée est à l’avenant, synthé à papa, inversions de bandes et casting de rêve, (Mason aux manettes, Frith, Sinclair, l’absence d’indication sur la pochette 33t est reproduite sur la réédition CD), millésiment aussi un grand cru. C’est un monument. Mais dans les faits, chaque son émerge comme il serait tributaire des poumons et peut-être de la mémoire faillible d’un souffleur. Le mix est à l’avenant, accumulatif et dérangé ; méditatif mon cul : va savoir toi, combien de trompettes et de voix le taulier a superposées pour que l’intro de Little red riding hood hit the road lancine à ce point que le thème en surgisse sans donner l’impression de s’en délivrer.
À sa suite la première partie du diptyque Alifib/Alifie tout en douceur, avec la guitare minérale d’Oldfield qui dodeline jusqu’à la nausée, et sa pulsation lente entre soupir et chuchotement, n’est même pas un sursis. Parce que c’est rongé comme un frein. Parce qu’ensuite le frein lâche. Parce que Wyatt chante. Et cette voix c’est de la viande, de la viande qui s’adresse à la peau, la frôle jusqu’à l’exaspération, pendant que, par dessous, des mélodies de prime abord simplement digressives se répandent par capillarité, étalent leur espèce de torsion aux bas organes. Une faim ; et rien n’assouvit jamais rien, pas un instant ; ce disque est une main qui s’approche du ventre d’un chat.
Écoutez ce que vous pouvez, Dondestan (1991) est une pure merveille, Old Rottenhat (1985) ou Ruth Is Stranger Than Richard (1975), vous pouvez remonter ensuite via Matching mole vers les albums de soft machine.
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  • Requiem pour ma gueule

    Angle mort

    ParSojac 27 septembre 2026 10:4827 septembre 2026 10:48 Requiem pour ma gueule

    Dans cette feuille 10 du projet « Requiem pour ma gueule », il est vaguement question d’appétit soudain pour le dentifrice ; et sinon :

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  • Making-of

    À l’ancienne

    ParSojac 24 septembre 2026 18:0024 septembre 2026 22:41 Making-of
    2 Commentaires
    À l'ancienne
J'ai été privé d'internet pendant une demi-journée, ça arrive et ce n'est rien du tout, mais c'est à chaque fois l'occasion de se rappeler comment on faisait avant le web pour s'adonner à la com' à deux balles et à l'autopromo. Au souvenir que j'en ai, on ne s'occupait quasi pas de ça. On avait son book, sa maquette, son manuscrit, et le bottin pour savoir à qui les faire voir, faire entendre et faire lire. Et la plupart du temps on se préoccupait d'abord de ficeler au mieux nos choses à faire voir, faire entendre et faire lire. Aujourd'hui on se livre aussi facilement à la panmixie qu'au travail de fond, on est tout un banc de méduses à répandre ensemble nos gamètes à la mer. Et on n'y peut rien, c'est comme ça que ça ne marche pas. Je me souviens qu'on avait essayé de tourner le dos à cette fatalité-là pour une expo avec Raphaëlle Gonin. On avait tenté le vintage de la communication par tract, et notre tract était beau, puisque grâce à son talent à elle on avait imité une couverture célèbre du magazine Rolling Stone avec le couple Ono-Lennon. On avait tracté sur le plateau de la croix rousse, jour de marché. Pour un résultat simplement nul.
Mais un nul cousu main. Comme au bon vieux temps.
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  • Post-it

    Gros mascu

    ParSojac 22 septembre 2026 18:0022 septembre 2026 16:49 Post-it
    Gros mascu
En traçant ma route de lecteur appliqué, balisée de classiques, et de phare dans nos nuits, je suis tombé dans une ornière, une flaque, un clapotis, le "Physiologie du mariage", où "mon" Balzac vénéré, mon soleil noir, s'appuyant sur les statistiques disponibles en son temps, et sinon bricolant les siennes propres au doigt mouillé, l'amour vrai de vrai, celui avec un grand A, étant sinon purement hypothétique du moins le fait de l'exception, et donc l'adultère quasi fatal, élabore la façon de le vivre pleinement : de "faire avec". Et ainsi c'est un ouvrage de stratégie domestique, qui tuyaute sur les façons les plus zaz de bricoler à sa conjointe une prison dorée, et va jusqu'à budgéter les routines de la surveillance.
"Tenir sa femme" comme disent les kékés à gros bras du coaching des passions tristes, et ce n'est rien de dire que j'attendais assez peu Balzac dans ce registre-là. Je ne m'en remets pas.
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  • Requiem pour ma gueule

    En équipe

    ParSojac 20 septembre 2026 11:53 Requiem pour ma gueule

    Dans cette feuille 9 du projet « Requiem pour ma gueule », il est vaguement question de Philippe Soupault dans la Pléiade qui avec un pot en étain cale une rangée de revues en haut d’une bibliothèque, il est également fait allusion à « Moins qu’un chien » de Charles Mingus ; et sinon :

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  • Making-of

    Guitare Frankenstrat’

    ParSojac 17 septembre 2026 18:0017 septembre 2026 18:37 Making-of
    J'ai accordé une de mes plus vieilles guitares en Do pour pouvoir jouer une chanson que j'ai en chantier depuis un moment qui est très simple et très ardue, et qui m'a demandé presque d'en rêver pour la comprendre. Cette guitare, qui est un instrument Frankenstein, assemblage de pleins de corps morts, avec une électronique de kéké, je l'aurais martyrisée et lui aurais fait endosser le cumul de toutes mes incompétences, alors que le l'adore. Elle n'a jamais été aussi sexy, look déglingue, mais octave enfin juste, et quand même limite fausse de toute façon parce qu'une guitare équipée d'un manche 21 cases et de grosses cordes, accordée en do, c'est forcément un accordage en chewing-gum, en plus elle crachote, le blindage des défonces n'est plus à la masse, elle interrompt son signal, et si ça ne suffit pas elle n'est pas ultra agréable à jouer. Mais c'est une vraie bombe. Le chevalet étant un Floyd bas de gamme bloqué, au lieu de couper les boules j'ai monté les cordes à l'envers et j'ai laissé toute leur longueur au niveau de la tête et des clés, avec les boules, si bien qu'en plus elle est hirsute.
Et l'accordage en Do est vraiment à creuser. Pour le chant. Il y a standard qui s'appelle la guitare baryton qui est un La, et qui bénéficie de jeux de cordes dédiés vendus et vantés dans quelques commerces précieux - tout ce qui touche à la guitare est précieux, souvent tout sauf la musique. Il y a un modèle de guitare entre la guitare et la basse, je ne suis pas dedans, je suis trop aigu, mais je comprends un peu sa nécessité, c'est dire si je suis précieux.
Je fais les choses sérieusement ces temps, et si je me plante ce n'est pas grave. Je passe plus de temps à m'exercer qu'à me planter. C'est nouveau. Je gamberge aussi beaucoup, certainement beaucoup pour rien, mais gamberger c'est ça. Et j'ai plaisir à apprendre.  Et comme j'ai dit j'ai passé toute une nuit à rêver que je comprenais comment faire mienne la simplicité presque débile de la guitare de cette chanson qui traine depuis mon époque corse. C'est un gimmick en picking, mais c'est vrai que l'armature est en 7/4. Le pouce est logique sur les temps 1, 3... et 6. Bon ça, déjà il faut travailler, mais ce n'est pas plus compliqué que le 5/4 de Seven days. Ce qui est pénible, alors que je n'emploie qu'un seul autre doigt pour jouer la séquence, l'index, c'est que ce doigt-là, qui appartient à la même main que le pouce, doit jouer en trois pour deux sur les trois premières mesures. Et ce, sans position d'accord. Sans que le système CAGED soit utilisable. Si, sûrement, mais pas à mon niveau.
Le pied, en somme.
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