Avancées

Pendant que j’éternise un genre de perplexité inédite, « la nuit remue » même de jour par ailleurs.

François Réau dans le numéro 2 de la revue Park, c’est l’occasion de voir son œuvre installée comme je la rêve et crûment photographiée. Mon anglais fossile ne me permet pas de saisir sans équivoque le texte accolé à l’image, donc je m’en tiens à mon impression et à un souvenir de Bram Van Velde : « Peindre, c’est chercher le visage qui n’a pas de visage ». (à voir ICI ou à télécharger ).

Isabelle Humbert-Radtke investissant la spirale de Décines, c’est la perspective de voir ce travail là dans un lieu à la mesure de son cheminement, et probablement aussi la promesse d’un parcours raisonné des états successifs de sa vision en travail. (Télécharger le carton d’invitation )

Laurent Seror

Peau neuve

Skull - François Réau 2010

Skull - François Réau 2010

Nouveau site pour François Réau ; du noir au blanc, probablement pas pour plus de visibilité de sa ligne mais pour rappeler à l’air ses obligations comburantes. Il faudra des murs blancs donc. 

Admiration saine et joufflue pour cet homme là, qui essaye, et s’essaye à, plein de choses parce qu’il est là pour peindre plutôt que pour confirmer sa légende - au risque de se faire un petit dans le dos. En vingt ans (oui je suis vieux), j’en ai vu, mais beaucoup, se ratatiner sur leurs petites manières comme des « fougères non-viables« , juste parce qu’il y a aussi un marketing dans le marché de l’art, qui ne dit pas son nom, et qui se résume à ce chapeau : « cultive ta différence ». Lui, il essaye et se commet, et la différence fiatluxe (du verbe fiatluxer, intransitif, premier groupe) sans ordonnance.

Je vais faire un beau métier.

Laurent Seror

Froissements

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Où il semble se préciser que trouver un lieu qui s’appellera « galerie Oujopo » n’est pas exactement une mince affaire, et il faut de l’espace pour ne pas avoir l’air de circonscrire quoi que ce soit tout en faisant tenir ensemble assez de murs  avec assez d’oeuvres. Il y a un lieu que j’aime et qui a l’air de m’aimer, il est déjà plus beau que le vide sur lequel je construis pour l’instant ma programmation ; mais le sera-t-il quand même assez  pour les exigences dont je me suis pré-réputé en allant sciemment chercher des plasticiens dont c’est le chemin de croix ?

J’en suis là, et il ne faut pas que j’y reste – ça commence à bien faire.

Sinon, oyez oyez encore, Gérald Bortoluzzi fait étape à L’auberge des Arts de Givors. Pour les Lyonnais, je dirais que vous devez parce que vous pouvez – (mais bon au pire, session de rattrapage en mars si je signe dans les jours à venir). Télécharger le carton d’invitation en pdf  (447 ko)

Laurent Seror

Les mains savent

Passage, trop vite, dans les murs de Gérald Bortoluzzi, après on est sorti survoler des verres en terrasse et laisser libre cours au libre cours à ma portée – j’étais fatigué. J’ai quand même eu le temps de voir que ce que je voulais voir ou revoir était caché et que ce que ne pensais pas voir me disposait moi à me chercher une cachette fissa. Je retiens l’abondance comme impression immédiate, et l’idée que les mains de cet homme là ont quelque chose de patrimonial ; ce qu’elles savent est culture.

Du coup mon rôle sera juste de laisser passer, ça devrait aller, j’ai quelques semaines devant moi pour apprendre à nourrir des canaris, et à ordonner les routines de bons soins qu’ils exigent.

Laurent Seror

Herbiers

Découverte de l’atelier d’Isabelle Radtke, la forte impression supposée est consacrée dès mon entrée dans la cour intérieure où trois vaches sont là, intérieures elles aussi. Ensuite, un escalier, une impression anticipée du froid et après c’est comme rapetisser assez pour rentrer dans les reliefs d’une palette ; cet atelier est un herbier de peintures, un herbier d’épluchures sensibles, un herbier d’herbiers, un laboratoire sublunaire et sans chiffre, celui d’une re-généalogiste, d’une noueuse de coulures, de neigeuse sur ses pas. Du coup pour son expo dans ma maison, je me vois assigné l’état de couillon épaté (j’adore ça) et ne conçois rien de plus conséquent que de prévoir de lui filer les clés et de rester tout petit dans un coin.

Ravi de la crèche, donc, l’aspirant-galeriste.

Sinon, oyez oyez, Isabelle Radtke expose MY TRIBE IV à l’Office Fédéral de l’Environnement de Berne (Suisse) du 19 octobre au 26 novembre, et, plus proche, propose un petit apéro à son atelier le samedi 16 octobre (C’est à 40 minutes de Lyon).

Télécharger le carton d’invitation en pdf (310ko) :

Télécharger le dossier de presse en pdf (59ko) :

Laurent Seror

Cartouche

Ca avait l’air simple, et ça le reste mais c’est par la grâce des joies profuses qui re-simplifient tout et auxquelles la démarche dispose : rencontrer des œuvres et de singulières personnes à l’ouvrage. Parce que pour le reste, c’est beaucoup de choses assez peu bouleversantes à faire tenir ensemble dans cette espèce de patate fumeuse avec un cartouche flottant, «ma petite entreprise», qu’on porte sous le bras avec des airs de seigneur télégénique précaire.

Il ressort pour l’instant de tout ça qu’autant «la peinture, ça vous tient éveillé» (Balthus), autant l’entreprenariat ça vous empêche de dormir. Dont acte.

Laurent Seror

Premiers pas

Visite de l’atelier de Laurent Gorris, je devais apporter du blanc mais je suis déjà arrivé trop à la bourre et il n’en a finalement pas fallu pour la bulle de la conversation. L’atelier est beau, paisible, la grande presse en place sous l’étendage vide où je m’attendais à regarder sécher des gravures comme des géologies ultra-rapides, sur une table les planches du livre en cours et des piles de boites en feuilles de bois qui recevront le livre suivant dont la névralgie est déjà ordonnée par le concept de «camembert».

J’ai vu plein de choses, une dévoration toute crue de l’imaginaire, la quasi-totalité posée par terre de l’expo que nous essayons de programmer pour janvier/février. Reste quelques gravités et quelques grâces à peindre ensemble pour lui, quelques cadres pour moi et le lieu adéquat à trouver. Mais est déjà acquise la fierté que j’ai que ce boulot là, ce peintre là, ce gars là, inaugure mon Oujopo. Le ton est donné, je vais faire un beau métier.  

Laurent Seror