Jardins, après la pluie

Claire Borde
« Jardins, après la pluie »

Dessin et gravure, (pastel sec, crayon de bois, manière noire en gris-bleu argenté sur cuivre)*, dimensions de la planche : 8,5 x 8 cm, dimensions du papier : 37 x 27 cm, 2013

 

 

 

ce sont peut-être des jardins d’ imaginaires

des jardins abstraits, faits d’eau et de formes, de jeux et de contrastes, de jeux de contrastes ou de rencontres du trait et de la couleur

jardins sous l’eau

du fond de la mer, sans bleu

y a-t-il un mouvement

un mouvement lent d’eau

des fouillis de traits de fougères

fougères de mer, sans bleu

des jardins sous l’eau

jardins du fond de la mer, sans bleu

mouvement lent d’eau

ondulatoire

route maritime et sous-bois aquatique des tropiques ?   la peinture est une question

elle interroge la surface et la profondeur, l’une et l’autre, et l’autre et l’une, et ensemble

tissage de traits entre eux pour créer un écheveau, un labyrinthe pour le regard ou une promenade pour songer, pour retenir furtivement le parcours visuel

le jardin désigne l’espace après la pluie, la teinte du fond j’ai mis de la couleur argentée, dans le bleu-gris, qui crée des reflets et permet avec le dessin en superposition de jouer sur son apparition ou sa disparition dans le biais de la Lumière

la géométrie pointe, a toujours été présente dans les recherches, rarement montrée elle pointe le bout de son nez de plus en plus et dans ces dessins, bien en avant dans le plan

le lien entre deux éléments est prépondérant, toujours, moteur de recherche

la composition aussi est un moteur la composition est le silence ou encore l’espace entre les éléments

les éléments sont un « alphabet » coloré, graphique, spatial pour des combinaisons dans le sens mathématique du terme

j’aime quand le déséquilibre fait partie de l’équilibre

la composition révèle l’importance accordée à chaque élément et à sa position dans l’ensemble

le détail n’importe pas en tant que tel mais pour ce qu’il apporte à l’ensemble et sa justesse dans l’ensemble

la peinture et le dessin, dans ma pratique, constituent une tentative d’évoquer quelque chose du monde (de que j’en perçois d’objectif et de subjectif) où l’imaginaire a sa part

elle ne pose rien, elle effleure

(le plus délicat est de laisser aller la main, c’est à ce moment que c’est plus juste – je le crois -, tout en mettant le vouloir en berne

la peinture invite celui qui s’y attarde à la contemplation elle tente de lui donner accès à un champ d’intériorité dans lequel il est actif ça n’est pas spectaculaire, surtout pas, surtout pas

ça chuchutte

ça ne chuchote pas

ça murmure)

à N.                                                                                    

 Claire Borde

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