Pendant que le tain coule, et sûrement ses jours
Sans reliefs avec lui en sus, et pendant qu’on
Ne s’y est pas noyé en se jetant du pont
D’un soupir, les deux lèvres retroussées autour
De l’ennui, on fait de la patience une vie.
Le jeu c’est de tâcher de lire au dos des cartes,
De ré-abuser l’air sans qu’il ne se départe
De la faveur de peser sans donner d’appui
Parce qu’on n’est jamais si heureusement traître
Qu’à soi-même quand on l’est pour ne pas paraître,
Et s’en tenir à cela. L’attente est la terre
Epaisse qu’on voudrait sur son ventre pour peu
Qu’on s’éternise à se préparer des adieux
Honorables. C’est le ciel qui aspire la mer.
Exposition du 10 mai au 16 juin 2012
du mardi au samedi
de 14H00 à 19H00
et sur rendez-vous
Vernissage jeudi 10 mai 2012
à partir de 18H30
Nocturne vendredi 11 mai
jusqu’à 21H30
L’œuvre de François Réau nous parle toute entière d’une humanité qui vient de naître, sortie d’un univers chaotique et primordial où le spectateur laisse son regard infiltrer les strates quasi géologiques de la peinture. Frontières, démarcations, bordures, rien n’est jamais tout à fait défini, car il demeure toujours chez l’artiste une volonté figurative minimale qui fait de son travail une œuvre à la croisée de deux mondes.
Ici, abstraction et figuration s’entremêlent, s’entremordent, entre paysages aqueux et signes charbonneux à investir de sens. Car chez Réau la nature est en perpétuelle mutation. En témoignent les fleurs explosives de Dandelion, sciemment folles et profondément exubérantes ou les toiles brûlées aux allures de cuir reptilien, risquées à l’arbitraire langue des flammes.
En essaimant à chaque instant de petits morceaux de vie, l’œuvre de François Réau nous donne à voir, entre le feu et l’eau, les éléments primordiaux d’une humanité en questionnement et en devenir.
NEOPTOLENE : L’arbre, la tempête le questionne à sa racine
ULYSSE : Elle ne questionne pas la forêt.
Heiner Müller
L’exposition «neuf» est décrochée – collective et un peu braque, disposant d’un mur à l’autre à des sautes d’humeur, bougeante aussi puisque les œuvres de Claire calemard, Flora Mannarino et Jo Tachon se sont invitées en cours d’exposition (un grand merci à elles d’avoir accepté cette participation informelle).
Le week-end de vide n’aura pas été de trop avant d’accueillir Elsa Gurrieri. Retour à la paix des sous-bois, aux percées de la lumière dans les demi-pénombres, mais aussi à la place que fera Nicolas Réau au silence et aux bruissements dans sa composition. Exposition et installation sonore à découvrir dès jeudi soir.
Elsa Gurrieri se tourne vers la nature comme sa véritable maîtresse, et en particulier, choisit l’arbre qui, étant la forme suprême de la création, est le plus proche de l’homme.
Les arbres dans la vision de l’image des toiles d’Elsa sont courbés par le vent de la recherche, par le tourment spirituel, par les souvenirs du passé et par un futur différent, chargé d’espérance, qui promet un monde nouveau.
Les tableaux que nous pouvons admirer transmettent ce dialogue entre angoisse et espérance, dans l’attente d’une aube nouvelle qui ne connaît pas le vent de la tourmente.
L’idée de réunir les trois graveurs que sont Céline Thoué, Pierre Abernot et Laurent Gorris, est d’eux ; associés de longue date dans le projet créatif « l’épluche-doigts », ces trois là se connaissent par cœur pourpratiquer leur proximité autant que leurs différences dans des livres, des typographies envolées et des œuvres à six mains.
L’idée de les re-distinguer c’est la galerie (et ses trois espaces distincts) qui l’a imposée.L’un sera à L’étage (Peut-être Céline Thoué avec ses pointes sèches où des saynètes manquent d’être seulement probables à servir de support ou d’incrustation à d’autres saynètes dont le sens n’est pas moins poqué), un autre à l’accueil (peut-être Laurent Gorris et sa nostalgie rayonnante, son intimisme qui se fait juste aussi gros que la pudeur qui l’endigue, ses scènes de genre pour un genre à inventer), le dernier dans la grande salle du fond (peut-être Pierre Abernot, avec ses monotypes exténués de cette aise foncièrement débordante, hyperactivement désinvolte).
En somme, trois graveurs, trois mondes, le média n’est pas le message.
Après ces quelques premiers mois passés à donner à la galerie une (des) allure(s) de descente en roue libre, et après avoir par là même perdu, un peu de la lisibilité de ma programmation, beaucoup du loisir de profiter de la présence des artistes et de leurs œuvres entre mes murs, et parce que décidément le «candy store» d’Isabelle Humbert-Radtke l’impose en douceur : c’est décidé, je ralentis.
Déjà «Candy store» est prolongé jusqu’au 3 décembre. Il faudra au moins tout ça pour que vous veniez un par un voir cette «expo à une place» – parce que qu’elle se donne le plus sûrement à la faveur de la solitude (et je sais me faire tout petit). Ensuite, une expo par tranche de six semaines, et je ne perds pas de vue ma vocation de proposer des rendez-vous plus courts, pour des premières expositions ou des mini-évènements plus expérimentaux.
Envie de gouter chaque couleur, histoire de passer entre les gouttes.
Inventer une architecture nouvelle pour un système ou les
sculptures se reposent et les socles sont couchés.
Face à l’idée du juste et de la droite ligne, une
pratique du peu et du moindre geste ou seul le fer (faire) travaille,
qui tire de tout son poids sur des peintures nues.