Archives pour la catégorie écritoire

Séance à la MLIS

L’homme impassible

Il se penche au bord du parapet et tient sa tête, trop petite, par les oreilles. L’arrête du toit fait une parallèle à ses épaules et la cheminée a l’air d’être son cou.

Les nuages font marcher la maison dans le jardin. Au milieu des fils de fer et des branches, elle s’arrête ; on ne regarde plus en l’air.

Les toiles d’araignées se déchirent avec un bruit de soie quand on ouvre la fenêtre, et lui, dont la tête n’a pas changé, a perdu son beau royaume d’autrefois.

 

Pierre Reverdy – Plupart du temps.

Ecritoire 3 : Pomodoro

Ne demande jamais ton chemin à celui qui le connaît car tu pourrais ne pas t’égarer  – Rabbi Nahman de Bratslav.

En fait il est impossible d’espérer écrire bien en torchant bout à bout 1 feuillet A5 recto tous les 4 jours. Il faut écrire 8 heures par 6 ou 7 jours par 52 semaines par an. Et il ne faut surtout pas tuer ce qui resterait de vie avec ça.
Et si je ne m’oblige pas au moins un peu à lire un peu plus, rien d’un peu déluré n’arrivera jamais.
Or donc jusqu’à nouvel ordre. J’arrête de ne pas écrire, j’arrête de seulement y travailler.

Ecritoire 2

j’ouvre des dessins drôles à l’aide de crayons de couleur sur du papier gros grain – et note des pages pour quelque chose – je ne sais trop quoi. Savez vous que je ne sais plus où j’en suis ? – Jacques vaché.

Il faut arrêter d’imaginer qu’on va bien finir par écrire en n’écrivant pas.
Il faut surtout arrêter de ne pas écrire.
Ne jamais se laisser rêvasser un personnage, une scène, une situation, sans avoir son dossier sous la main. Rêvasser utile c’est bien aussi, la gourme n’est plus à jeter.
Le reste c’est des inhibitions sans objet. Surtout quand ça commence à faire des années que je ne sais pas faire ce que je fais au quotidien. Je m’attelle tous les jours, passionnément à des tâches qui me laissent d’abord à mon incompétence.

Ecritoire 1

Il vaut mieux qu’il pleuve aujourd’hui, plutôt qu’un jour où il fait beau – Pierre Dac

S’inquiéter, c’est souffrir deux fois, dit-on.
Je me rends compte que je ne travaille que sur le motif, j’aquarelle ou j’encre des dessins sommaires. Des fois je sais me contenter de les dessiner juste assez bien pour qu’on comprenne ce que je voulais représenter. Je fais tout à la main. Il faut dire que j’ai le projet d’un roman graphique très ambitieux, une BD qui pète plus haut que son cul, et toutes mes images ont trait à ça.
Et les restes accumulent un journal de bord.