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Appel d’air

Appel d’air

La tentation est grande parfois d’enquiller
les appels d’air d’un de ces gros culs T.I.R.
qu’on côtoie le temps qu’ils traversent la tournée.
On s’en choisirait un qui irait vers la mer

Atlantante, les vents d’iode, et les environs
lacrymogènes. Eteindre la radio, pétrir
la lumière qu’on a devant soi, les photons
qu’on peut faire durer, et qui font à loisir

de la place. On s’en choisirait un pour la nuit
qui s’approche et qui donc ne nous entraînera
pas tout à fait dans sa chute – Celui qu’on suit

à l’instant bifurque, et les mômes en maillots,
leurs fauteuils pneumatiques, leurs bouées aux bras,
se résignent à l’ombre et s’ébrouent dans mon dos.

Acétone

 

Acétone

Le camion branle dans l’aube, poussif autant
qu’elle et semblant longer pareillement la Z.A.C.
acétonée grise, les cheminées et le vrac
des tuyauteries de Saint-Fons – mes beaux enfants

avec ces corps dépressurisés qui balancent
des gros morceaux d’âmes à la va comme ça pousse
– et aucun hublot n’a résisté aux secousses –
ça fait aussi des bras des mains dans tous les sens,

mes beaux enfants qui font coin-coin comme des jouets
qu’on appuie – des culbutos avec des sifflets
au cul, et qui crachinent aussi dans les odeurs

de vestiaire et d’usine mêlées, mes petits
se replient un peu quand la lumière remplit
les coins qu’ils ont dans une autre nuit : la leur.