Archives mensuelles : février 2016

Eurêka : Barbie est folle à lier – édition de luxe

Coffret contenant des épreuves photographiques de 12 oeuvres de Léon Sojac. Tirage limité à 22 exemplaires, numérotés et signés. Confection en cartonnage par nos soins. Disponible sur commande, compter une semaine pour la livraison et 7 € de frais de port.

50€

EXTRAIT 1

Elle laisse et s’aime

 

Elle laisse le goût du textile, elle sème

des milliers de regards possibles, des milliers,

derrière ses grandes lunettes noires – même

l’Abyssinie ne paraît pas tant éloignée,

 

même un œil de mouche, elle laisse l’impression

du mouillé, du textile mouillé, du dedans-

-dehors, du devant-derrière, et cette lésion

étrangère, elle laisse une avalanche en blanc

 

comme on dit d’un chèque, et cette matière lisse

et douce, ses mains, ses grands panards, son échine

et tout ce blanc sous le textile, ce qui plisse

 

avec, qui mouille avec, qui se défroisse idem.

Elle laisse le dentifrice ouvert, «Aline»

que j’ai crié, et c’est comme ça qu’elle s’aime.

EXTRAIT 2

 

Léon Sojac – Eurêka : barbie est folle à lier from Léon Sojac on Vimeo.

Sod – cahier 69

Sod - cahier 69

Sod – cahier 69

Extrait 1

Samedi 20 mai 1995
Mercredi, avec la demoiselle on s’est pris de débarouler jusqu’aux bars cossus du port ; dans celui qu’elle a choisi, notre entrée a fait baisser la moyenne d’âge de 5 ans ; et ça tombait bien j’avais l’instinct piloupilou d’un danseur de rumba. Mais on est resté assis, on s’est ennuyé suavement en faisant cliquer et sproutcher des martinis et des montagnes de glace au chocolat, sur le fond d’un pianiste éculeur de standards. C’était tout jaune et il n’y avait plus d’angle, on s’est fait taire à deux le temps qu’il a fallu et on est rentré en piétons de feutrine. Il nous aura éventuellement manqué un joint ou deux pour jeter d’un pont ce qu’il restait d’espoir et toute la poésie. Toute. Comme on atteignait ma porte d’allée, la corne d’un ferry à l’entrée du port m’a parlé d’Adèle, et j’ai fait mon possible pour ne pas lui répondre, pour ne plus y penser, mais la Barbie finaude a bien vu que j’étais un peu ailleurs et en a porté l’entière responsabilité jusqu’au baiser d’au revoir du lendemain matin.
Sinon, je continue à déballer mes cartons ; la prochaine fois je ferai pyromane tout de suite : foutre le feu à tout ça, qui me possède. Il faut non seulement brûler les livres, mais les peintures aussi, les frigos, la vaisselle, les fringues et les cintres. J’ai envie de courir nu dans les herbes hautes, les oreilles au vent, la quéquette pendulaire, en chantant du Michel Sardou. Grrr, retrouver mon instinct sauvage…
Mais je suis trop pragmatique, tu penses.

Extrait 2

 

sod 69 from Léon Sojac on Vimeo.