Sevrer

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Sevrer

On aura quelque mal à écraser des larmes,
attendues cependant comme un matin tranquille :
de l’herbe comme des cils trempés, le vacarme
taiseux, buté, de ce dégoût indélébile

d’avoir gobé la nuit. On aura du silence.
Pour ne plus marmonner. On ira dans la morte
changer les draps encore et les froisser d’avance
avant qu’elle ne s’en aille. Elle fermera la porte

et on aura la clé. On saura comme elle traîne
quand on la verra traîner dehors – et dehors
elle n’est que trainée. Jamais plus que leur haleine,

et le temps d’un soupir. Un cri jamais si fort
qu’un sourire. Un cri des commissures des lèvres
qui reste accroché, comme attendant qu’on l’en sèvre.

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