Tanneuse

Tanneuse

Tanneuse

 

Tanneuse

Ce que dit la tanneuse en tannant, mon échine
l’entend. Elle souffle au fond de mes cervicales
les menaces de plus ; elle entasse un cheval,
puis un autre – un par jour – et attend que j’opine

comme ils piaffent d’impatience. Et c’est leur haleine
qui me sort des narines, et c’est leur sueur
que j’écoule par les yeux. De la pesanteur
à la grâce il y aurait un sourire à peine,

le temps de dire ouf. Je suis fatigué, Madame,
fatigué. Longtemps que je n’ai pas vu la mer ;
et que je ne vois que vous. Longtemps que je perds

de ma peau ; quand je ne peux jouer que mon âme ;
quand elle est si belle la fille qui m’attend ;
quand il ne peut rien m’arriver qu’un accident.

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