Acétone

 

Acétone

Le camion branle dans l’aube, poussif autant
qu’elle et semblant longer pareillement la Z.A.C.
acétonée grise, les cheminées et le vrac
des tuyauteries de Saint-Fons – mes beaux enfants

avec ces corps dépressurisés qui balancent
des gros morceaux d’âmes à la va comme ça pousse
– et aucun hublot n’a résisté aux secousses –
ça fait aussi des bras des mains dans tous les sens,

mes beaux enfants qui font coin-coin comme des jouets
qu’on appuie – des culbutos avec des sifflets
au cul, et qui crachinent aussi dans les odeurs

de vestiaire et d’usine mêlées, mes petits
se replient un peu quand la lumière remplit
les coins qu’ils ont dans une autre nuit : la leur.

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