Eperdu

Éperdu

Éperdu, ce mot là a été façonné
pour contrarier le verbe perdre, car en somme
rien n’est perdu et tout semble s’y dévider
indéfiniment – de la bobine économe

du verbe, j’entends. Il faudrait mourir un peu,
une mort légère et brève comme par exemple
s’ouvrir la poitrine en deux (si c’est là le temple),
s’arracher les côtes, s’y enfoncer un pieu,

mais un instant ; pas plus, et sans effort surtout :
une certaine passivité trouvera
à s’assortir à cette espèce de grand flou

tremblé : un désespoir sans objet implorable,
et sans silence-étalon ; on fait un peu ça
quand on craque ses phalanges sous une table.

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