Archives mensuelles : août 2014

Monodie

Monodie

J’ai dans l’idée d’éviscérer chaque minute
et de la re-fourrer de coups et d’uppercuts.
J’ai dans l’idée qu’elle le sait – m’a aperçu
dans un taxi pour toujours. Quand «la nuit remue»,

il faut trouver quelqu’un à compter à rebours.
J’ai dans l’idée qu’elle le sait. Un petit tour
sur la tringle de ces orbites qui se donnent
des airs à auréoler certaines personnes

d’un halo de fatalité peut me suffire.
Elle le sait – se déplace comme une mire
avec l’horizon – elle est complètement folle.

Il n’est de meilleur combustible qu’une idole
au cœur sec et il n’est rien de plus comburant
que le vent dans ses voiles. Rien de moins innocent.

Traits

Traits

J’ai pris la trace d’une vieille Peugeot bleue,

d’un rehausseur aussi sur la banquette arrière ;

j’ai pris ce que j’ai pu de la nuit ; je la serre

dans le filet vidé de mon réseau nerveux.

 

Je ne dors plus, j’attends, avec une maison

ratatinée dans le ventre, et dans la main

séchée, un trou séché ; c’est un petit écrin

pour l’air qui nous sépare, et dont je tiens au fond

 

une rondelle changeante si j’ai le geste

qui veut que tu attendes. J’ai fait une veste

avec la peau des lapins, ceux que je tirais

 

naguère de mon chapeau claque ; mais il fait froid

maintenant. J’ai froid. J’ai fait le bout de mes doigts

pour ta tempe et j’ai tiré un trait sur mes traits.