Archives mensuelles : août 2014

Et puis…

Et puis…

Je l’ai tournée dans une bouche, et à l’instant
même de cette bouche dans la mienne, autour,
dans mon oreille et dans mes yeux, dans le bruit sourd
de cette tête rejetée dans les élans

qui jettent les têtes dans les bruits sourds et mats.
Elle avait un vertige de nuque, l’idée
adultère d’un bouquet de boutons fanés,
la panmixie aux lèvres, méduse écarlate,

elle avait la peau froide comme un verre d’eau.
je l’ai bue d’un trait et, à l’instant de ce trait,
su que j’aurais soif encore et que j’aurais beau

jeu de boire. Et puis je l’ai tournée vers moi :
son visage est une chaude et profonde plaie
ouverte. J’y enfouie ma figure parfois.

Adossé

Adossé

Adossé, la figure embusquée à couvert
des feuilles d’air, de rien : des rosées et des mousses
pour le change – quelque chose d’assez amer
à la bouche, comme une peau d’amende douce

passée sur la langue de la mégère extra-
-lucide, apnée furtive tout au fond du fond
d’un décolleté abyssal, un eczéma
prometteur ou la marque de ces quelques gnons

qui sont toute la peau possible. Tout devrait être
ourlé comme maintenant et me dédier
à mes doigts et ma langue autant qu’à ces deux mètres

qui sont un peu de temps, de verbe investis…
Je crois que je bois pour cela : pour être adossé
à ce mur (mon idiotie), et y prendre appui.